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Le déploiement de FranceConnect passe par une réconciliation de comptes locaux

« FranceConnectée » depuis juin 2016, Montpellier Méditerranée Métropole a fédéré à l’échelle locale les différentes identités numériques de ses usagers. Un chantier qui a facilité leur parcours  ainsi que le déploiement de FranceConnect. Retour d’expérience sur une problématique qui concerne une majorité d’agglomérations.

On ne compte plus les départements, les agglomérations ou les villes qui souhaitent déployer FranceConnect mais qui sont ralenties par la multiplicité de leurs identités locales : transport, bibliothèque, sport, enfance, famille, etc. Les usagers ont plusieurs identités, gérées par différents services et différents systèmes. En théorie, chacune pourrait être rapprochée de FranceConnect. En pratique, lorsque ces identités sont nombreuses, la tâche s’avère parfois couteuse. Dès lors plusieurs grandes agglomérations ont entrepris de réconcilier leurs différents comptes locaux sous la bannière d’un identifiant unique local, lui même amené à être fédéré avec FranceConnect.

Si cette fédération locale est donc un premier pas vers le raccordement à FranceConnect, elle est en soit doublement bénéfique : coté agglomération elle promet une vue complète de l’usager au profit d’une meilleur gestion ; coté citoyen, elle apporte le gage d’une simplification des démarches.

Comment fédérer ces identités locales ? Comment convaincre les fournisseurs d’identité locaux d’adhérer au projet ? Elément de réponse avec le chantier mené par Montpellier Méditerranée Métropole (MMM), première métropole France Connectée (juin 2016).

Une plateforme de télé-services et un compte usager

A ce jour, la métropole fournit à une vingtaine de ses communes membres 2 éléments fondamentaux : d’une part une plateforme (à exploiter en marque blanche) d’une dizaine de télé-services : état civil, prise de RDV avec élus, « opération tranquillité vacances », demande de subvention,... D’autre part un « Compte Usager » servant à s’authentifier auprès de ces télé-services, mais dont l’ambition est bien plus large. Il a en effet vocation à apporter une identité unique à l’usager sur tout le territoire de la Métropole. Il en prend déjà la voie puisque plusieurs services en ligne, antérieurs à la plateforme proposée par la métropole, s’y sont déjà fédérés. Parmi eux les médiathèques, les conservatoires ou encore la régie des eaux (pour payer ses factures). Et courant septembre, c’est la ville de Montpellier qui à son tour l’adoptera pour l’ensemble de ses démarches. A ce jour 10 000 héraultais l’utilisent au quotidien à raison de 5 à 6 000 démarches en ligne par mois en moyenne.

Un tableau de bord pour l’usager

« Pour les communes qui ont adopté notre plateforme, courant 2013, ce compte usager allait naturellement de paire avec les services que nous leur proposions. Son adoption était donc évidente se rappelle Philippe Gippet, responsable des études informatiques de la Métropole de Montpellier. Reste les autres fournisseurs de services. Nous avons réussi à les convaincre en mettant en avant deux caractéristiques du compte usager ». Déjà, ce dernier allait permettre d’afficher sur l’ensemble des sites l’ayant adopté le tableau de bord de l’usager. Il s’agit là d’un espace conçu par MMM synthétisant l’état d’avancement de ses démarches et lui remontant certaines informations clefs (date de rendu des livres, réservations en cours, état des paiements…). Ce « cockpit » met ainsi en valeur les données saillantes de chacun des services de la métropole. Ce faisant il promeut indirectement ces derniers.

Un trafic en hausse

Autre argument : la hausse du trafic. « La simplicité d’usage d’un seul et même compte, fera à terme gonfler la fréquentation des sites l’ayant adopté… le temps bien sur que ce compte devienne un reflexe pour l’usager » indique-t-il. Enfin, plus récemment, la métropole a fait valoir l’argument du raccordement à FranceConnect. Car on l’a compris, son compte usager a été fédéré au système d’identification et d’authentification de l’Etat. Résultat, tous les services accessibles via le compte usager bénéficient également de FranceConnect.

Trois portes d’entrée

Au final, selon les services qu’il sollicite, l’usager a potentiellement trois portes d’entrée. Par exemple, pour interagir avec sa médiathèque, il dispose soit de son compte local, soit de son compte usager, soit de FranceConnect. S’il souhaite en revanche solliciter un service d’État civil, qui intègre nativement le compte usager, il n’aura que deux possibilités : le compte usager donc, et FranceConnect.

Reste que dans tous les cas, il lui est toujours proposé explicitement de fédérer ces différents comptes. « C’est là une opération qui exige de la clarté et de la pédagogie dans le parcours en ligne » explique Philippe Gippet qui reconnaît qu’il n’est pas toujours aisé pour les utilisateurs de comprendre les deux ou trois niveaux de comptes. «Nous nous basons sur leur retour en ligne pour améliorer sans cesse leur parcours ». 

A terme, exploiter les données récoltées via FranceConnect

Pour la Métropole de Montpellier, le duo compte usager / FranceConnect forme un cercle vertueux, chacun s’alimentant l’un l’autre. D’un coté les habitants de la Métropole se « FranceConnectisent » depuis leur compte usager, de l’autre les habitués de FranceConnect accèdent directement aux services de la Métropole sans passer par un compte usager (même si en backoffice la métropole le leur en crée un directement).

Les priorités à venir ? « Bien sur, poursuivre nos efforts sur l’articulation des différents comptes, mais également profiter pleinement des atouts de FranceConnect. En particulier nous envisageons à terme d'interroger  les API fiscales de la DGFiP ouvertes par le biais de FranceConnect. Elles seraient d’une grande utilité pour les services liés à la petite enfance, projet auquel nous réfléchissons pour la Ville de Montpellier ».

 

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