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La seconde version du Référentiel Général d’Interopérabilité désormais officialisée

 Le référentiel d’État qui pose les règles d’échange entre les administrations, vient d’être mis à jour. Plus fonctionnelle que la précédente, cette version décrit des profils d’interopérabilité. Sur le plan bureautique, elle recommande le standard bureautique ODF.  

Finalisée par la DINSIC (Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication) fin 2015, la seconde mouture du Référentiel Général d’Interopérabilité a été publiée au Journal Officiel. Elle vient de faire l’objet d’un arrêté (signé par le Premier Ministre). Ce dernier clôture la phase de validation du nouveau référentiel, engagée en novembre 2015. Une phase au cours de laquelle il a été notifié auprès de l’Union Européenne et présenté pour avis à la Commission Nationale d’Evaluation des Normes, chargée de mesurer son impact éventuel sur les collectivités.

Pour rappel, le RGI définit les normes, les standards, la sémantique et les répertoires de données pour que des organisations, des dispositifs et des systèmes puissent échanger facilement, et à moindre coût. Son objectif : favoriser la standardisation. Sans pour autant imposer une solution unique, il s’agit d’éviter la prolifération coûteuse de choix hétérogènes. Reposant sur des normes ouvertes, le RGI fixe ainsi les règles techniques assurant l'interopérabilité des systèmes d'information.

Une version co-construite

Cette nouvelle version résulte d’un travail collégial orchestré il y a plus d’un an par la DINSIC[TL1] . Le RGI est en effet le fruit d’une collaboration réunissant, au sein de groupes de travail, les architectes et les spécialistes techniques de l’interopérabilité des différents ministères. Cette ouverture s’est prolongée en avril – mai 2015, puisqu’à l’issue de ces ateliers collectifs, le RGI v2 a été ouvert à tous, sous la forme d’un appel public à commentaires. Chacun, agents de l’état, partenaires, industriels du numérique, a ainsi pu contribuer à la future mouture.

La nouveauté : des profils d’interopérabilité

Plutôt que de dresser d’un seul bloc la liste des différents standards, le RGIv2 a scénarisé plusieurs profils d’interopérabilité correspondant à autant de cas d’usage d’intégration. Pour chacun d’eux le référentiel spécifie un ensemble de standards et de recommandations. Ils sont 9 au total : fondations État plateforme, web services SOAP, bureautique, archivage, géomatique, interopérabilité des organismes de protection sociale, orchestration de processus, conception de système, signature électronique.

Le profil « Fondations Etat Plateforme » (du nom de la stratégie visant à construire de nouveaux services publics numériques sur la base d’une circulation des données entre les administrations) s’applique à tous les échanges entre autorités administratives. Notamment entre les fournisseurs de services et les fournisseurs de données. Il recommande des standards ouverts, simples et déjà éprouvés par les géants du web (HTTP, JSON ou encore OpenID Connect, protocole autour  de FranceConnect).

Open Document Format (ODF), un standard « recommandé »

Parmi ces 9 profils, l’un concerne la bureautique. Par rapport à la version précédente, Open Document Format (ODF) passe du statut de standard « en observation » à celui de standard « recommandé ». Cette évolution d’ODF s’explique par sa progression dans les 6 critères qui servent à évaluer le statut des standards. A savoir la pertinence, la maturité, l’indépendance, la facilité à déployer, le soutien par l’industrie et l’ouverture.

Pour autant, le RGIv2 n’exige pas aux administrations ayant implémenté un autre format de l’abandonner, autrement dit de redévelopper toutes les interfaces applicatives, voire même de renoncer aux applications existantes. En revanche, pour les nouveaux projets et les nouvelles applications, le référentiel recommande vivement le déploiement de la norme ODF.

Mots clés

RGI interopérabilité