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France Connect eIDAS, vers une identité numérique européenne

Pour un service public en ligne, intégrer France Connect c’est s’aligner de facto sur le règlement eIDAS. Ce dernier imposera en 2018 aux services numériques européens une reconnaissance de l’identité numérique de tous les citoyens des Etats membres.

France Connect part du principe qu’un usager doit être reconnu par l’ensemble des administrations en ligne plutôt que d’avoir à s’identifier auprès de chacun d’elles. Le règlement européen eIDAS reprend la même logique, mais l’applique à l’échelle des Etat membres : tous les citoyens européens seront à terme reconnus par l’ensemble des services publics numériques des 27 pays. Ainsi, un étudiant belge s’inscrira sur le site d’une université française muni de son identité numérique d’origine (vraisemblablement belge). Quelle implication pour les administrations ? Elles seront obligées de reconnaître les moyens d’identification des différents pays, dès lors bien sur qu’ils respectent eIdas.

La plupart des services en lignes sont concernés

Cette mise en conformité avec eIdas devra être effective en 2018. Qui concerne-t-elle précisément ? Les services publics numériques issus de l’administration centrale ou territoriale exigeant un certain niveau de garantie sur l’identité de l’usager (dans le jargon du règlement, on parle de niveaux d’authentification « faibles », « substantiels » et « forts »).

Bonne nouvelle : l’intégration de France Connect sur les sites des administrations rend ces derniers de facto conformes à eIdas. « France Connect n’est pas seulement un système d’authentification universel. C’est également le projet qui mutualise à l’échelle française tous les travaux de mise en conformité avec eIDAS » résume Xavier Albouy directeur adjoint de la DISIC.

Une interopérabilité quasi gratuite pour les administrations en ligne

Techniquement parlant, France Connect reconnaîtra les identités des citoyens européens en respectant le cadre d’interopérabilité d’eIdas. Et pour faciliter l’implémentation de ces spécifications, la Commission Européenne fournira des composants logiciels prêts à l’emploi. Leur rôle : assurer la médiation entre les systèmes d’indentification des différents pays. Ce travail de médiation, France Connect le rend donc quasiment gratuit. Pour les administrations en ligne, il se résume à intégrer le bouton sur leur site. De 2 à 10 jours maximum de travail.

Quelles répercutions maintenant sur l’usager ? Lorsqu’il actionnera le bouton France Connect, il disposera d’un fournisseur d’identité supplémentaire. « A coté des Impôts, d’Ameli ou de la Poste, il se verra proposer un logo européen qui lui permettra de sélectionner parmi 27 pays, celui dans lequel il dispose d’une identité vérifiée au sens eIdas » détaille Xavier Albouy.

France Connect préfigure les projets de mutualisation qui seront prochainement au cœur du SI de l’Etat. Cette mutualisation s’exprime ici à différents niveaux : un seul et même système pour d’une part identifier tous les usagers, d’autre part les ouvrir à l'ensemble des services numériques des 27 Etat membres.