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Api.gouv.fr, le catalogue qui référence toutes les api des services publics

Inauguré par Jean Vincent Placé, le Secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification, ce catalogue d’API est une brique de l’État plateforme, la stratégie technologique de la DINSIC.  

Référencer la liste exhaustive des API fournies par l’ensemble des services publics français et en faciliter l’utilisation par un écosystème de concepteurs de services publics numériques. C’est là la vocation d’api.gouv.fr. Ce catalogue d’API proposé par la DINSIC a été inauguré le 21 juin par Jean Vincent Placé, Secrétaire d’État à la réforme de l’État et à la simplification.  

Un pas vers l’État plateforme

Jean Vincent Placé et Henri Verdier

Api.gouv.fr, est un composant essentiel de l’État plateforme. Cette stratégie technologique se fonde sur le décret du 1 août 2014 qui affirme la création d’un SI unifié de l’État. Elle entend décloisonner les données détenues par l’administration, avec l’accord de l’usager, afin de dynamiser le développement et l’évolution rapide de nouveaux services publics. Des services développés par les administrations et par tous les innovateurs susceptibles d’utiliser cette nouvelle ressource.

Les grands principes de l’État plateforme sont les suivants :

1.  Les administrations doivent accepter que leurs données relèvent du bien commun, dans le respect des règles de sécurité adaptées.

2.  La diversité technologique doit être maîtrisée : les données seront exposées conformément à un cadre d’architecture qui s’impose progressivement à tous.    

3.  L’accès aux données se fera par le biais d’interfaces ouvertes. 

4. Lors des échanges, les usagers seront identifiés. La communication de leurs données fera l’objet d’un consentement. Les usagers pourront en corriger les erreurs chaque fois que possible.         

5. Les projets liés aux nouveaux services numériques s’inscriront dans un changement méthodologique profond fondé sur l’agilité. Ils mettront en action des écosystèmes ouverts.

Valoriser les infrastructures existantes et favoriser les approches agiles

En résumé, la stratégie d’État plateforme repose sur la combinaison d’un partage de données entre administrations, d’une mise sous contrôle par l’usager de ses données personnelles et de la construction de nouvelles interfaces et de nouveaux services simplifiant la vie administrative des citoyens.

L’État plateforme dresse ainsi des ponts entre modernisation du SI de l’Etat et amélioration des usages ; interopérabilité des administrations et simplification des démarches ; informatique « historique » et méthodes agiles. Il repose sur l’idée d’une valorisation de l’infrastructure informatique publique par des innovateurs aussi bien internes qu’externes à l’administration. Il parie que l’Etat ne s’engagera pas seul sur la voie de la modernisation et qu’il associera dans une logique de co-construction, ses propres utilisateurs et tous les acteurs pouvant contribuer à la délivrance d’un service public.

L’État plateforme se nourrit également de FranceConnect

L’État plateforme s’appuie fortement sur la stratégie d’open data pilotée par la mission Etalab. Elle bénéficie des interventions de l’Administrateur général des données au service d’une meilleure gouvernance de la donnée et de nouvelles coopérations entre administrations.

Elle bénéficiera du déploiement de FranceConnect. Ce dernier sera la pierre angulaire de l’État plateforme en permettant l’échange d’informations à caractère personnel organisées autour du consentement express de l’utilisateur. En effet, certaines API ne reverront d’informations qu’à la condition de disposer de l’identité vérifiée de l’usager.

De même, le service public de la donnée, prévu par la loi pour une République numérique, devrait permettre d’amplifier encore cette ambition.

Les conditions pour être référencé

Les administrations déclarent elles-mêmes leurs API, pour peu qu’elles respectent un ensemble simple de conditions :

- disposer d’une description fonctionnelle claire et succincte de l'API à renseigner sur API.GOUV,
- proposer une documentation technique en ligne et claire,
- décrire une procédure en ligne pour demander l'accès à l'API si elle n'est pas totalement ouverte.

Principal critère d'acceptation de l’API : celle-ci doit pouvoir être testée en moins d'une journée et intégrée en moins d'une semaine.

Au delà des conditions exposées ci dessus, api.gouv.fr encourage un ensemble de bonnes pratiques. Comme celle de produire une documentation au format OPEN API, de fournir des exemples de services utilisant leurs API ou encore de proposer une page de statistiques démontrant la facilité d'utilisation pour l'API concernée : nombre de hits, mais surtout mesures sectorielles comme nombre de courses de taxi (le.taxi), nombre de candidatures simplifiées aux marchés publics (API Entreprise).

Les producteur d’API sont également invités à décrire simplement les modalités d'accès à leur API (CGU, licence..) et à simplifier au maximum l'enrôlement.

Les rôles des fournisseurs et consommateurs d’API

Les fournisseurs d’API sont responsables de l’exposition de leurs ressources. Ils définissent les conditions d’utilisation que devront respecter les consommateurs d’API. Les fournisseurs d’API référencés sur api.gouv.fr sont tous issus de la sphère publique : l’État ou ses représentants, collectivités, autorités administratives…

Les consommateurs d’API quant à eux prennent contact avec les fournisseurs pour consommer leurs ressources. Les consommateurs sont issus de la sphère publique ou de la sphère privée (associations, startup, éditeurs, entreprises, etc.). Dans le cas des API ouvertes, sans conditions, il n’est pas nécessaire de contacter le fournisseur avant de consommer les ressources.

Les avantages pour chacun des acteurs 

Avec le catalogue, les fournisseurs d’API disposent d’un espace pour faire connaître leur produit et le référencer. Ce faisant ils augmentant la portée de leur services en laissant d’autres administrations, partenaires ou entreprises intégrer et magnifier leurs données et leur fonctionnalités. Par ailleurs, en ouvrant leurs ressources, ils participent au développement des services contribuant à améliorer l’économie, la santé, l’éducation ou la gestion des informations géographiques.

Les consommateurs d’API, eux, découvrent les API et comprennent leur modalité d’accès. Ils disposent également d’un moyen de contacter les fournisseurs d’API. Bien souvent, l’API permet aux concepteurs d’application de proposer à leurs usagers des services plus complets, limitant la saisie d’information. Enfin, bien sur, en réutilisant des ressources externes, les consommateurs d’API réalisent des économies d’échelle.

 

Exemples de premières ressources référencées sur api.gouv.fr 

=> la BAN (base d’adresses nationale):

L’api fournit une adresse géographique correctement formatée et géolocalisée à partir d’une simple recherche textuelle.

La Base nationale adresse permet aujourd’hui le géocodage de plus de 5 millions d’adresses par semaine et est utilisé par de nombreux services comme la Communauté urbaine de Grenoble, Leboncoin ou Cdiscount, par exemple. 

Service utilisant l’API : la bonne boite : startup d’État qui prévoit les recrutements à venir dans une zone géographique

=> API Entreprise :

Agrégateur d’informations lié à une entreprise. L’api propose sur la base du seul numéro SIREN d’une entreprise d’obtenir un bouquet d’informations en provenance de l’INSEE, de la DGFIP ou de l’URSSAF. En augmentation rapide, apientreprise échange aujourd’hui 460.000 pièces par mois qui épargnent donc aux entreprises autant d’envois de pièces justificatives à l’Etat.

Service utilisant l’API : MPS, un outil qui permet aux places de marché en lige de récupérer les données constitutives d’un dossier de candidature à un marché public.
Près de 70 autres applications à ce jour

=> Le.taxi :

Registre localisant les taxis volontaires en France

Service utilisant l’API : Zaléo et TedyCab. Tous deux géolocalisent les taxis en temps réel et proposent de commander une course. 

=> Rennes :

Données voies et adresses de Rennes Metropole.

Service utilisant l’API : Keolis 

 => DGFiP Impôts Particuliers

L’api de la DGFIP permettra à partir de septembre d’accéder aux informations d’un foyer fiscal, à la condition que l’échange soit encadré par le dispositif FranceConnect.

Service utilisant l’API :  PALYMA, service dématérialisé d’obtention de carte de stationnement résidentiel dans 3 grandes métropoles (Paris, Lyon, Marseille). 

 

Mots clés

APIENTREPRISE api